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mardi 28 juin 2011

European citizen

Constantin arrive de Iaşi, en Roumanie, où après 4 ans de démarches, il vient d'obtenir sa carte d'identité roumaine.


Des dizaines de millier de moldaves font cette démarche chaque année. Pour obtenir la citoyenneté roumaine il leur faut prouver que certains de leurs ancêtres étaient roumains* et...s'armer de patience.

Leurs motivations sont avant tout économiques : un passeport roumain ouvre les portes de l'Union Européenne.

"En Italie je vivrai, je ne survivrai plus. Même survivre là bas est plus facile que survivre en Moldavie", explique Constantin.

La Moldavie, pays le plus pauvre d'Europe (avec un salaire moyen de 150 euros), se vide de sa population active. Officieusement, un quart de la population vit à l'étranger.

Je lui demande s'il est heureux, il sourit : "I'm an european citizen now...".






*Une partie de la Moldavie était roumaine jusqu'en 1941 date à laquelle les soviétiques  l'ont annexée et ont créé la République Socialiste Soviétique de Moldavie.

vendredi 13 mai 2011

Portrait d'une jeunesse volontaire (3)

Se rencontrer. S'apprécier, s'aimer (ou pas!). Partager cette aventure incroyable qu'est notre SVE en Moldavie. Et rentrer enrichis par toutes ces rencontres.

J'ai décidé de garder une trace de tous ces visages à travers une galerie de portraits et des interviews qui font échos à mes propres questionnements.

Portrait de famille.

Read it here in english


Pierre-Olivier dit PO, 30 ans, France (Paris), SVE 6 mois



Peux tu, en quelques mots, me dire ce que tu faisais avant ton SVE ?
Je travaillais dans l'audiovisuel, dans la post production. En gros, j'étais « monteur truquiste », je faisais les déroulement de génériques. En fait c'est un métier, je ne savais pas avant de le faire... (rires)

Pourquoi as-tu décidé de partir en SVE et particulièrement en Moldavie?
Ça faisait 5 ans que je travaillais, j'étais passionné, je me levais le matin en me diant « waw tu fais de l'audiovisuel c'est vachement bien ». Et puis j'ai fini par oublier pourquoi je faisais ça. J'avais plus le temps pour des projets perso, je voulais utiliser l'audiovisuel pour dire ce que j'avais envie de dire mais j'étais rentré dans une routine. J'aurais aussi bien pu travailler à la poste. Et donc j'ai pensé au SVE, j'étais juste à la limite d'âge. Je voyais ça comme un laps de temps où j'aurai l'esprit libre. Tu vois là, pendant 6 mois, j'ai fait de la photo, j'ai rencontré des gens, j'ai fait ce que j'avais envie de faire. Et en plus c'était aussi un cadre associatif avec une valeur sociale. J'avais envie de voir si je pouvais travailler avec des enfants. Cétait aussi un test pour moi.

Quel était ton projet en Moldavie ?
Je travaillais dans un centre d'animation pour enfants et adolescents.

Quels sont tes projets à ton retour ?
Je vais reprendre mon boulot car j'avais pris un congé sabatique et que je suis obligé sur le papier de reprendre.

De quoi rêves tu pour ton avenir? Est-ce que ce SVE a changé tes projets d'avenir?
Je vois l'audiovisuel comme un métier de jeunes, je ne veux pas faire ça toute ma vie. En Moldavie je me suis testé sur un nouveau métier, ça a fait appel à des nouvelles compétences. Ça m'a fait découvrir que je pouvais travailler avec des enfants alors que je ne pensais pas que j'en serais capable. En fait tu peux faire plein de choses avec des petits. Cette expérience m'a apporté de nouvelles idées sur ce que je pourrais faire. J'aimerais animer des formations, des ateliers photo, vidéo, peut-être pour petis, pour ados. C'est à cet âge là que c'est important. Aujourd'hui l'image est partout et je crois qu'il faut savoir comment elle est faite pour pouvoir critiquer, pour avoir du recul.
Qu'est-ce que tu retiendras en particulier de cette expérience ?
Du temps, cette expérience m'a donné du temps pour faire pleins de choses que je ne ne pouvais plus faire en bossant...de la photo, de la vidéo...C'était ce que j'étais venu chercher.

Piotr, 26 ans, Pologne (Łomża), SVE de 9 mois



Peux-tu, en quelques mots, me dire ce que tu faisais avant ton SVE ?
J'ai obtenu un Master en sociologie et ensuite j'étais en stage dans une ONG à Varsovie qui travaille principalement sur des problèmes d'éducation dans les villages en Pologne.

Pourquoi as-tu décidé de partir en SVE et particulièrement en Moldavie?
J'avais cette idée de faire un SVE déjà pendant mes études mais je n'avais pas trouvé de bon projet. Et puis, j'ai vu le projet d'ADVIT en Moldavie et c'était le genre de projet que je cherchais car je pourrais ensuite l'utiliser comme référence pour mon CV.

Quel était ton projet en Moldavie?
Je travaillais pour le bureau d'ADVIT (notre organisation d'accueil et organisation coordinatrice). Les tâches étaient principalement administratives. J'ai appris de nouvelles choses à propos des échanges de jeunes car ADVIT participe à des stages, aide des jeunes moldaves à partir en SVE, accueille des volontaires SVE, et organise des stages internationaux. Donc, c'était une bonne expérience, j'ai pu voir comment ça se passait de l'intérieur et je pense que je pourrais l'utiliser dans le futur.

Quels sont tes projets à ton retour ? Est-ce que ce SVE a changé tes projets d'avenir ?
J'ai commencé à envoyer des CV, je cherche un travail et grâce à ce SVE, parce que je travaillais dans un environnement international, je peux envoyer ma candidature dans des ONG internationales en Pologne. Au début, j'espérais que ça serait sympa de passer un an ailleurs pour enfin décider ce que je veux faire de ma vie mais ça ne s'est pas passé comme ça. Je n'ai pas d'idée précises à propos de mon futur.

De quoi rêves tu pour ton avenir?

C'est très dur pour le sgen sde notre âge de trouver un travail pour une longue durée. Je ne peux pas faire de plans pour l'avenir parce que c'est vraiment incertain. Mon rêve est simple : trouver un boulot qui me plaise.

Qu'est-ce que tu retiendras en particulier de cette expérience ?
Premièrement, c'était la plus longue période de ma vie que j'ai passé à l'étranger, donc c'était une expérience pour voir ce que ça serait d'être loin de mes amis et de ma famille. J'ai du rentrer 2 fois en Pologne pendant mon SVE donc je n'étais pas à 100% ici.
Ensuite, j'ai vraiment commencé à apprécier la Pologne. Quand je suis rentré, j'ai remarqué des choses que je n'avais pas remarquées avant et j'ai réalisé où mon pays en était et ce qu'on avait accompli ces 20 dernières années. Quoi d'autre ? C'était sympa de rencontrer beaucoup de personnes de nationalités différentes et de réaliser qu'on est tous pareils de manière générale. Je ne regrette rien, ce SVE était une très bonne expérience.



lundi 9 mai 2011

Portrait d'une jeunesse volontaire (2)

Se rencontrer. S'apprécier, s'aimer (ou pas!). Partager cette aventure incroyable qu'est notre SVE en Moldavie. Et rentrer enrichis par toutes ces rencontres.

J'ai décidé de garder une trace de tous ces visages à travers une galerie de portraits et des interviews qui font échos à mes propres questionnements.

Portrait de famille.

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jeudi 5 mai 2011

Portrait d'une jeunesse volontaire (1)

Se rencontrer. S'apprécier, s'aimer (ou pas!). Partager cette aventure incroyable qu'est notre SVE en Moldavie. Et rentrer enrichis par toutes ces rencontres.

J'ai décidé de garder une trace de tous ces visages à travers une galerie de portraits et des interviews qui font échos à mes propres questionnements.

Portrait de famille.


vendredi 29 avril 2011

Des volontaires qui partagent leurs sourires

Basée à Chisinau, l'association "Les amis des enfants" parcours la Moldavie pour apporter des jeux et du bonheur aux enfants. Vendredi 15 avril, l'association était à Nemteni, un petit village sité dans l'est du pays.


dimanche 10 avril 2011

Partie de campagne

Jeudi, Clémence et moi sommes de retour à Horodiste. Sacs sur le dos, nous nous rendons chez Luba pour qu'elle nous ouvre la maison. Toujours aussi avenante et bavarde, elle nous donne rendez vous à 19h pour la traite.


Dinguelinguelin...Les chèvres et moutons, de retour des champs, passent devant la maison. Nous les suivons et retrouvons bientôt Luba qui prend de l'eau au puits. Elle nous fait entrer chez elle : dans leur cour, comme traditionnellement dans la campagne moldave, il y a plusieurs petites maisons, mais l'hiver ils n'en utilisent qu'une pour pouvoir chauffer plus facilement. Luba et son mari Anatole y vivent seuls la semaine, jusqu'au retour de leur fils le week- end.


Nous nous réchauffons sur le lit chauffé par le poêle puis Luba nous appelle : il est temps de traire les brebis. Les agneaux dans la cour s'impatientent. Je donne le biberon/bouteille de vodka au petit marron et Clémence s'occupe du noir. Après les avoir pesé je commence à réaliser le sort qui les attend : ils seront mangés pour Pâques dans deux semaines ! Bien sûr, étant une "fille de la ville presque-végétarienne" je suis horrifiée. ça amuse Luba qui me fera même une bonne blague le lendemain matin en me présentant la carcasse du petit noir qu'elle avait finalement égorgé le matin même...


Puis atelier traite de la vache. Luba, patiente, nous laisse essayer. Bon, pas très concluant, on n'a pas le coup de main.


Après un bon repas bien arrosé (impossible de dire non à la tradition du vin maison qu'il faut boire d'une traite pour pouvoir ensuite passer le verre aux voisins), direction la maison (dans la boue et sans lumières c'est beaucoup plus drôle) pour une bonne nuit de repos.

Le lendemain, nous nous rendons à l'école maternelle pour leur apporter un peu de matériel et faire des activités avec les enfants. Lors de notre précédente visite nous avions été touchées par le peu de moyens dont dispose l'école.

Les enfants sont très timides au début. Ils nous observent d'un regard interrogateur et semblent un peu perdus quand nous leur proposons des activités manuelles. Mais avec l'aide des enseignantes ils se prennent vite au jeu et bientôt nous font des sourires et des câlins. Pas facile de communiquer car ils parlent un roumain un peu différent de celui qu'on apprend à Chisinau...

Après le repas nous constatons qu'ils n'ont pour ainsi dire aucun jouet et qu'ils se battent pour se partager les quelques petites voitures et poupées disponibles dans la classe. Fin de journée, on se sépare en promettant de revenir bientôt.



Lucas et des amis arrivent de Chisinau pour le week end.
Les jeunes du village nous invitent à la discothèque/bibliothèque/maison de la culture. Grand moment bientôt surpassé par la visite au bar du coin qui s'avèrera être la station service. Bonne tranche de rigolade.

Le lendemain nous visitons Tipova, un monastère creusé dans la roche face au Dniestr. Magnifique.



Encore un autre repas chez Luba, au son des guitares ramenées par les garçons. Luba nous cuisine un Colac (un pain en forme de couronne tressée) qu'elle nous donnera le lendemain pour le petit déjeuner. Le verre de vin traditionnel fait plusieurs fois le tour de la table. Noroc !

lundi 4 avril 2011

Dans le village de Tara

Samedi, nous repartons en exploration. Notre destination du jour : țara. Nous voilà donc en route dans la voiture de Marion et Stéphane en direction du nord, à la recherche de ce village où, nous a-t-on dit, on peut voir des maisons troglodytes.

 
 Nous quittons la route et nous engouffrons dans un chemin un peu chaotique, après quelques kilomètres nous abandonnons la voiture : elle n'ira pas plus loin. Déambulant sous le soleil, dans les chemins de țara, nous nous emerveillons une fois de plus de la beauté de la campagne moldave.


 Aucune voiture en vue, pas d'eau courante comme en témoignent les nombreux puits. Encore une fois nous voilà partis en voyage dans un autre temps. L'impression de visiter un faux "village musée" me traverse l'esprit.


 Mais très vite des habitants nous apostrophent. "Buna ziua". Un homme d'église, quelque peu étrange, nous aborde puis une grand-mère nous appelle depuis le pas de sa porte."Venez ici". On s'approche, la grand-mère est ravie de voir des étrangers, appareils photo au cou, visiter son village. Elle pense même pendant un instant qu'on est de la "télé". Elle interpèle l'une de ses voisines et lui demande de nous servir de guide. 


La vieille dame, en chaussons, trotte à travers le village pendant deux heures, avec à chaque maison le même discours "Ce sont des français, ils veulent filmer, on peut entrer?". Infatiguable, elle nous entraîne à droite à gauche. Des animaux divers se baladent en liberté autour du village construit autour d'une rivière. 


 Nous remercions notre guide (heureusement qu'on avait des pâtés français pour le pique nique!) et profitons d"une pause bien méritée au bord de l'eau.





jeudi 31 mars 2011

Vent d'Est !

Le monde de Chişinău est un petit microcosme et pourtant il m'aura fallu 8 mois pour rencontrer Tanya et Thierry...Et quelle rencontre! Alors laissez moi vous expliquer, ce couple franco-moldave a fondé en 2002, à Lyon, l'association Vent d'Est. Les projets de l'association sont destinés principalement à aider les villages moldaves isolés où les gens vivent dans des conditions particulièrement difficiles.


A peine les avions nous rencontré, qu'ils nous proposaient de venir à Horodiste pour voir sur place les projets qu'ils avaient en cours dans ce village et passer deux jours à la campagne dans leur charmante maison. Nous voilà partis, Clemence, Aline (deux volontaires françaises) et moi à la découverte de Vent d'Est et d'Horodiste et sa région qui n'allait pas tarder à nous enchanter.



Entre visites aux voisins, dégustation du vin du vieux Basile, visite de la ferme de Luba, ballade en charette et découverte des paysages incroyables de la région on peut dire qu'on en prend plein les yeux ! Mais nous ne sommes pas seulement là pour jouer les touristes puisque nous sommes aussi venus pour découvrir les projets de Vent d'Est. Et nous n'allons pas être déçus! Des projets déjà réalisée et d'autres à venir, ils en ont plein la tête nos charmants hôtes.



On commence par la fabrique de sirop. Hier matin, une dizaines d'habitants du village mettaient en terre les premiers framboisiers et fraisiers qui bientôt (on l'espère!) permettront de fabriquer un excellent sirop qui donnera aux habitants du village du travail. Car c'est bien là l'un des buts de Vent d'Est : créer des emplois pour éviter l'exode dramatique des villageois à la recherche d'un travail à l'étranger. Ce projet de fabrique de sirop n'en est qu'à ses premisses car pour l'instant le bâtiment qui servira à la fabrication n'est pas encore acheté (complications moldaves oblige...).


Ça n'arrête pas pour autant Tanya et Thierry qui déjà rêve d'acheter un autre bâtiment pour le transformer en gîte et en centre de vacances pour enfants déshérités.
Mais continuons la visite, après un crochet par le dispensaire pour savoir s'ils ont des besoins particuliers, nous voilà à l'école maternelle. Je dois avouer que cette visite m'a beaucoup émue. Cette école est totalement dépourvue de matériel, quand nous entrons dans la classe les enfants sont assis en rond dans le silence. La directrice nous apprend que beaucoup d'enfants du village ne peuvent pas venir à l'école car les parents ne peuvent pas s'acquitter des 50 lei mensuel (environ 3 euros) qui permettraient à leurs enfants d'être scolariser et de recevoir un repas chaud. Ni une ni deux, Tanya lui demande de faire une liste de ces enfants non scolarisés et une liste du matériel dont l'école manque (autant dire tout). Thierry fait des calculs : "s'il y a 25 gamins qui ne peuvent pas payer l'école et qu'on trouve des parrains pour les financer, avec les déductions d'impôts tu peux facilement parrainer 2 enfants donc il nous faut une douzaine de parrains...".


Ensuite direction la "grande" école, là nous retrouvons des adolescents que l'association a décidé d'aider à poursuivre des études. Tanya leur parle un par un, leur demandant si leur projet professionnel est toujours le même, quelles aides financières ils reçoivent déjà... Elle leur explique que si elle leur trouve un parrain pour financer leurs études il faut qu'ils s'engagent à être sérieux. Les enfants écoutent attentivement puis Tanya leur dit que bientôt 16 étudiantes françaises passeront quelques temps dans le village et dans leur école et qu'ensuite des scouts seront là tout l'été pour aider et qu'enfin en Août se déroulera un festival de musique française dans Horodiste. Elles leur demande de bien accueillir tous ces jeunes français. Autant vous dire que les ados sont ravis, ça fait beaucoup d'animations pour un village de 300 maisons où il ne se passe jamais rien!



Si vous voulez en savoir plus sur Vent d'Est : http://www.ventdest.org/

Pour les lyonnais, Tanya et Thierry seront en France début Avril, ils organisent un repas/réunion d'informations le 10 avril à 12h au restaurant La piscine de Rilleux-la-pape (plus d'infos sur leur site). De plus, si vous souhaitez envoyer du matériel pour l'école d'Horodiste, contactez-les ou contactez-moi je vous donnerai la liste de ce que vous pouvez envoyer.

mardi 15 mars 2011

Quand Joe Biden vient à Chişinău

Quand le vice-président des Etats-Unis visite la capitale de la Moldavie, toute la ville semble s'arrêter. Résumé d'une journée pas comme les autres, quand le show politique à l'américaine s'exporte dans un petit pays aux frontières de l'Europe.





Le spectacle commence à 11h. Depuis tôt en ce matin du 11 mars, les rues du centre ville de Chisinau sont vides. La circulation a été coupée sur les grands axes et des centaines de policiers, postés tout les dix mètres le long du boulevard Stefan Cel Mare, canalisent la foule qui se rend à l'Opéra pour venir voir le vice-président des Etats-Unis.



En grand optimiste, j'arrive sur les lieux à 10h30. Le parvis de l'Opéra où Joe Biden viendra faire son discours est entièrement bouclé. Les spectateurs rentrent au compte goute après être passés sous l'un des quatre détecteurs de métaux, ces grandes portes que l'on trouve habituellement dans les aéroports.
Après une douloureuse attente serré entre quatre épaules, me voici enfin sur les lieux. Il est 12h mais je n'ai rien raté de la fête. Les marches de l'Opéra sont noires de monde et les milliers de visiteurs agglutinés tiennent tous dans les mains deux petits drapeaux: la bannière étoilée des Etats-Unis et le drapeau tricolore de la Moldavie.



Le parvis de l'Opéra est cerné par trois scène: sur la première trônent des dizaines de caméra, sur la deuxième, des musiciens maintiennent le public éveillé en attendant l'arrivée de Joe Biden, lui-même attendu sur la troisième scène, pour l'instant vide.

Pendant deux heures, des groupes de musique populaire moldaves s'enchaînent et reprennent, la plupart du temps en play-back, leurs plus fameux titres. Si ces quelques heures de musiques sans saveur devaient refléter la culture moldave, il y aurait bien longtemps que j'aurais quitté ce pays. Mais pour un événement aussi formaté que la visite d'un haut représentant Américain, je suppose que l'on ne pouvait pas attendre autre chose que cette soupe universelle.

A 14h, l'animatrice, qui tente tant bien que mal de motiver la foule entre chaque groupe depuis maintenant plus de deux heures, annonce l'arrivée imminente de MM. Biden et Filat. La foule se tait alors soudainement et une atmosphère angoissante de calme s'installe soudainement. Et quand la circulation d'une ville est bloquée, on se met alors à entendre le chant des oiseaux, le son du vent et le bruit des toussotements dans la foule. Dans le fond de la scène, un panel de citoyens Moldave a été installé. Rien n'a été laissé au hasard: il y a des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes, des blonds, des bruns, des roux, tous équitablement représentés et alignés le long de trois rangées sur une petite estrade.



Puis soudain, les petits drapeaux s'agitent dans toutes les mains. Apparaissent alors Vlad Filat, premier ministre de la Moldavie, Joe Biden et leurs femmes, Jill Biden et Sanda Filat. Tout ce petit monde sourît et fait des signes de la main à la foule. Vlad Filat ouvre le bal et explique en roumain que c'est avec beaucoup d'honneur et de joie qu'il accueille un vice-président des Etats-Unis pour la première fois dans son pays. Joe Biden enchaîne. Il félicite le peuple Moldave de s'être battu pour son indépendance il y a vingt ans. Dans un discours consensuel et ponctué d'applaudissements, Joe Biden remercie le petit pays qu'est la Moldavie d'avoir offert deux choses aux Etats-Unis: Natalie Portman et Rahm Emanuel l'actuel maire de Chicago, dont les grands-parents sont originaires de Moldavie.

En à peu près vingt minutes, l'affaire est bouclée et la foule quitte les lieux. La vie reprend peu à peu son cours, les drapeaux américains sont décrochés et la circulation est rétablie dans les rues de Chisinau.


Pour en savoir plus sur les enjeux de la visite de Joe Biden en Moldavie, je vous conseille cet article en anglais ou celui-ci en roumain.


Cette petite vidéo vous donnera aussi un autre aperçu de l'ambiance sur place

lundi 7 mars 2011

Carnaval !!

Dimanche, levés à l'aube (si si c'est vrai), nous rejoignons Constance et Samira à la Gara de Sud. Après avoir roulé une heure à travers des paysages désormais débarrassés de leur manteau de neige, nous arrivons à Cimislia. Matt, un volontaire américain qui vit depuis bientôt deux ans dans ce coin de Moldavie, vient nous chercher avec son "père d'accueil". Nous grimpons à l'arrière de la voiture et nous voilà partis pour une dizaine de kilomètres de chemins de terre jusqu'à Cenac.
A Cenac, la fête bat déjà son plein. En costumes de carnaval, le cortège se déplace de maison en maison pour souhaiter aux habitants un bon "nouveau départ" en ce début de printemps. A chaque étape, on trinque. "La multi ani", "Noroc", "Fiti sanatos". A ce train là avant midi je roule sous la table...Entre les différentes étapes des rondes s'improvisent, des gamins masqués attrapent d'innocents passants et les mettent dans le cercueil, pour tuer l'hiver si j'ai bien compris...
On se regroupe ensuite pour assister à une série de spectacle préparés par différents villages. La bonne humeur est au rendez-vous malgré le soleil qui se fait attendre...Enfin on brûle l'hiver dans un grand feu de joie et là miracle : le soleil !
Quelques verres et quelques sandwichs plus tard nous voilà montés à bord d'un bus où la fête est loin d'être finie!
Pour avoir un aperçu de cette incroyable journée,  regardez ce petit film, ou cliquez ici pour voir des photos :


vendredi 28 janvier 2011

En route vers la célébrité !

Vendredi 28 janvier 2011, Timpul, l'un des quotidiens les plus lus de Moldavie, consacre une page à notre "aventure moldave" !

Nos impressions sur la Moldavie, le travail que nous effectuons ici, ou encore les problèmes que rencontrent les jeunes en France...nous avons abordé avec la journaliste des sujets variés. Mais la question centrale de cet article, celle que nous posent beaucoup de moldaves reste : qu'est ce qui motive des jeunes originaires de pays développés comme le nôtre à passer un an à travailler sans gagner un sous?

Il existe de multiples réponses à cette question, il ne vous reste plus qu'à apprendre le roumain et à lire cet article pour y répondre!

http://www.timpul.md/articol/trei-francezi-traiesc-o-aventura-moldoveneasca%E2%80%A6-19953.html

mardi 18 janvier 2011

Les enfants abandonnés de Moldavie

De nombreuses organisations de défense des droits de l'homme s'inquiètent de l'émigration économique que subit la Moldavie, entraînant ainsi une génération d'enfants perdus.

Sur une population estimée à 4 millions d'habitants, un million d'entre eux environ travaillent, légalement ou illégalement, à l'étranger laissant derrière eux des centaines de milliers d'enfants. Ces enfants sont élevés par d'autres membres de la famille ou sont livrés à eux mêmes. Ainsi certains villages ne sont peuplés que d'enfants et de personnes âgées.
De nombreux centres d'accueils de toutes sortes tentent de prendre en charge une partie de ces enfants. Sur cette vidéo de la chaîne Al Jazeera, on peut voir des images faites dans le centre d'accueil d'urgences dans lequel je travaille, la Casa Ascuita.

lundi 3 janvier 2011

La Moldavie en image

Il y a quelques semaines, j'ai participé à l'organisation d'un atelier photo avec quelques amis. "Chisinow": c'est le nom de ce workshop. Le but était d'instaurer au sein de la vingtaine de participants au workshop un dialogue constructif autour de la photo numérique, afin d'en apprendre un peu plus, tous ensemble, sur le "8ème art". Pour comprendre un peu mieux notre démarche, rendez-vous sur le blog de chisinow ( en anglais).



Nous avons identifié six thèmes différents: Architecture, paysage, expérimental, photojournalisme, portait, studio.

Chaque dimanche, entre le 7 novembre et le 12 décembre, nous nous sommes réunis à l'université d'art de Chisinau pour prendre des photos, tous ensemble.

J'ai été très agréablement surpris par la qualité des résultats de chaque semaine: en fin de journée, nous regardions une sélection des meilleurs photos de chaque participants. Certaines valent vraiment le coup d'œil. A tel point que nous allons essayer maintenant d'organiser une exposition avec ces photos et, pourquoi pas, éditer un livre.

Pour visualiser une sélection des meilleures photos, classées par thème, cliqués sur les liens ci-dessous:
- Architecture : voir les photos.
- Paysage: voir les photos.
- Expérimental: voir les photos.
- Photojournalisme: nous avons réalisé un photo-reportage chacun, dont celui-ci ou celui-là.
- Portait: voir les photos.
- Studio: voir mes photos.

Et parce que ce blog reste aussi personnel, en voici quelques unes que j'ai prises.






dimanche 2 janvier 2011

Réveillon à Bucarest

Emmitouflés sous plusieurs couches de vêtements, un verre de vin chaud à la main, nous sautillons sur place plutôt que nous ne dansons, au rythme de la musique d'un groupe pop roumain.

Pétard, étincelle, boules de popcorn et feux d'artifices, Bucarest s'apprête à passer à l'an 2011!


Alors que nous errons dans les rues à la recherche de nos amis, rencontrés à l'auberge de jeunesse et perdus dans la foule, minuit arrive. Une ambiance surréaliste envahit alors les rues : de tous côtés des feux d'artifices sont tirés dans un joyeux brouhaha. Le ciel est en feu. Sur un coin de trottoir on se souhaite bonne année. « La multi ani » nous lance un groupe de roumain en nous offrant le champagne.


Arrivés le soir même, nous découvrons la capitale roumaine sous un jour particulier. Dans tous les bars et restaurants on fête dignement l'évènement. Transis de froid nous finissons par nous affaler à la table d'un petit restaurant dans la vieille ville. Un petit verre de vodka nous réchauffera bien vite, quelques danses sur des tubes de notre jeunesse et beaucoup de rires grâce à Tricot, Noeud pap' et leurs amis (ceux qui étaient là comprendront...). "Un an nou fericit !"

 Réveil difficile quelques heures plus tard dans notre charmante auberge. La soirée aussi fut longue pour nos amis de Chisinau que nous retrouvons ce matin dans les couloirs de l'auberge (impossible de tous les retouver hier soir). Nous décidons de rentrer ce soir en Moldavie et en attendant nous déambulons dans une ville quasi déserte. On ne rigole pas avec les jours fériés en Roumanie!









Retour à Chişinău en train couchettes




jeudi 16 décembre 2010

O brad frumos !

 On se presse Piaţa Marii Adunări Naţionale. D'un pas vif pour tromper le froid, des groupes épars se dirigent vers la lumière. En s'approchant un peu on constate que cet amoncellement de guirlandes électriques cache un gigantesque sapin. Il croule littéralement sous les décorations. Entre burlesque et féérie Chişinău s'apprête à célébrer Noël...


mardi 30 novembre 2010

Elections en Moldavie

Dimanche 28 Novembre 2010 les moldaves étaient appelés aux urnes pour la quatrième fois en 18 mois.



En Avril 2009, le pays avait connu des manifestations violentes après les élections contestées remportées par les communistes. Après une deuxième élection anticipée la coalition pro-européenne était arrivée au pouvoir sans pour autant détenir une majorité qui permettrait d'élire un président. En effet, en Moldavie ce sont les députés qui élisent le président à la majorité qualifiée. Un président par intérim, Mihai Ghimpu, avait été désigné au cours de l'été 2009 et en octobre 2010 un référendum avait eu lieu pour tenter de réformer la constitution et permettre l'élection du président au suffrage universel direct. Sans succès, puisque les moldaves, mal informés, ne s'étaient pas déplacés en nombre suffisant jusqu'aux urnes.



Voilà pourquoi ce dimanche avaient à nouveau lieu des élections législatives. Une fois de plus aucune force politique ne semble obtenir de majorité puisque les communistes remportent 44 sièges sur les 101 du Parlement tandis que l'Alliance pour l'intégration européenne totalise 57 sièges et est donc en deçà des 61 sièges requis pour imposer le président de son choix.  La situation semble donc à ce jour toujours bloquée.

un résumé de la situation : une vidéo en français extraite du site www.2424actu.fr
 

dimanche 28 novembre 2010

A la découverte de la Transnistrie

Samedi matin, nous laissons Chisinau sous la neige pour partir à la découverte de cet endroit mystérieux qui nous intrigue depuis notre arrivée en Moldavie : la Transnistrie.


Petit rappel pour ceux qui aurait oublié et pour les autres qui, comme moi, n'avaient jamais entendu parlé de cet endroit.
La Transnistrie, ou République moldave du Dniestr, est une région de la Moldavie, autoproclamée république et non reconnue par la communauté internationale. C'est une enclave russe entre la République de Moldavie et l'Ukraine même si malgré la présence militaire russe, la Russie n'a à ce jour jamais reconnu cette région comme étant une république indépendante.


Arrivés à la frontière on comprend vite qu'on n'entre pas si facilement dans cette région puisqu'après avoir rempli un formulaire et présenté nos passeports on nous signifie gentiment que nous n'avons l'autorisation de rester dans le "pays" que pour une dizaine d'heures (attention, soyons précis je devais avoir quitté les lieux avants 22h26).
Nous arrivons sans encombre à Tiraspol, la "capitale" et découvrons une ville à l'atmosphère particulière. Au delà des nombreux monuments en hommage à l'époque soviétique, ce qui nous frappe au premier abord c'est le peu d'animation qui règne dans la ville. Elle s'organise autour d'une rue principale le long de laquelle se trouvent les monuments les plus importants, la ulitsa 25 oktober. Et dans cette rue, que nous arpenterons tout l'après-midi, les passants se font rares, les magasins se comptent sur les doigts d'une main ou presque, les immeubles semblent inhabités. Une ville fantôme...

Buste de Lénine sous le drapeau transnistrien devant la maison des Soviets

 La Moldavie a déjà tenté de reprendre le contrôle de cette région en 1992 mais les forces armées de la Fédération de Russie l'en ont empêché.

Monument à la mémoire des victimes du conflit de 1992

La Transnistrie est connue pour être un lieu de trafic en tous genres et son économie est désastreuse. L'aspect désertique de Tirapol et la vétusté des habitations en témoignent. Les monuments à la gloire de héros soviétiques, quant à eux, ne manquent pas.



Ce conflit avec la Transnistrie est un handicap important pour le développement de la Moldavie qui est actuellement le pays le plus pauvre d'Europe ( son PIB par habitants correspond à celui du Soudan). En effet, tant que la Moldavie n'a pas réglé ce conflit, elle ne peut espérer entrer un jour dans l'Union européenne.



Char pointé vers l'Europe

 Nous sommes assez surpris par l'amabilité des habitants qui à plusieurs reprises s'adressent à nous en anglais. Nous discuterons même autour d'un café avec un jeune couple. Aucune pression policière, aucun problème avec nos appareils photos. Rien à voir avec ce qu'on nous avait décrit. Bien sûr, il est impossible de juger n'étant resté qu'une journée et nous sommes bien conscients de nous trouver dans un endroit où il vaut mieux éviter les imprudences. Nous repartirons donc avant l'heure autorisée.