mardi 17 août 2010

La course au visa

Ce matin, 7h45, rendez vous avec Tanya, de Advit, pour aller faire les tests médicaux nécessaires à l'obtention de notre visa. Un vrai parcours du combattant...



 Nous retrouvons à la clinique 2 autres volontaires françaises de Nouvelle Calédonie, Aurélia et Faustine. On se raconte nos impressions, nos petites histoires...Et bien sûr ça va beaucoup plus vite de sympatiser en français qu'en anglais...



Entrés dans la clinique, les visites s'enchainent : prise de sang, contrôle des sels, radio (dans une machine d'un autre âge), psychologue, gynécologue...Les médecins sont tous plus mal aimables les uns que les autres, on attend des plombes et en plus c'est carrément la foire d'empoigne là dedans, on se bouscule, on se double, on s'engueule...Un asile de fous! Le pire étant que l'épreuve n'est pas finie puisqu'on doit y retourner demain...

Un moment mémorable parmis d'autre : la visite au psychologue. Après une longue attente et m'être fait doubler plusieurs fois, j'entre avec Tanya, je m'assois. La psychologue en roumain puis Tanya en anglais :
« Vous voyez un psy?
-Non
-Vous avez des problèmes dans votre tête?
-Non
-Vous prenez des médicaments?
-Non »
Et hop ! Un coup de tampon sur un bout de papier après quelques heures d'attente. Même chose chez le gynéco qui veut juste savoir si par hasard j'ai la bonne idée d'être enceinte puisqu'évidemment chacun sait qu'accoucher en Moldavie doit être un vrai plaisir.

Lendemain matin, retour à la clinique pour toujours plus d'attente et de test « médicaux », le « dermatologue » ne lève même pas les yeux vers moi, le thérapeute ne rencontre que notre traductrice...On finit par passer haut la main tous les tests, ce qui revient à dire qu'après plusieurs heures d'attente on a réussi à collecter tous les tampons et divers graffitis des « médecins ». On a plus qu'à attendre quelques semaines et nous pourrons officiellement rester en Moldavie pour un an !

lundi 16 août 2010

A la découverte d'un pays inconnu

Quand on arrive dans un nouveau pays, c'est toujours la même chose: les premières sorties dans la rue sont comme de grandes aventures !

En me promenant dans les rues de Chisinau, je sais que je suis un étranger ici: j'ai l'impression que les gens parlent dans une langue qu'eux même ne comprennent pas et la ville ressemble à un enchaînement de rues que jamais je ne connaitrai. Et parce que nous restons un an dans cette ville, c'est encore plus frustrant que d'habitude de ne rien connaître. J'ai envie d'apprendre le roumain, pour parler aux gens, pour prendre un taxi ou simplement pour commander une bière dans un bar. J'ai besoin de connaître cette ville, pour aller où bon me semble sans me perdre à chaque coin de rue.

Parce que nous restons un an dans ce pays, j'ai envie de connaître son histoire, sa géographie et sa politique. A quelques kilomètres de la mer noire, les gens se sentent-ils européens ou russes ? Comment font-ils pour jongler constamment avec deux langues, le roumain et le russe ?

En parlant de mon désir de comprendre la Moldavie avec une collègue, celle-ci m'a répondu que "plus on reste longtemps dans ce pays et moins on le comprend". Cela en dit long sur la position si particulière de la Moldavie...

dimanche 15 août 2010

A onze dans un Kangoo

Comme vous vous en doutez surement (ou pas), ici en Moldavie, il fait très chaud ! Et qui dit chaleur dit envie de fraîcheur et qui dit envie de fraîcheur dit besoin de se baigner : ce sera notre programme de cet après-midi dominicale.

Avec nos nouveaux amis Moldaves rencontrés ce matin à l’église (eh oui ! notre vie à tellement changé ici que nous allons même à l’église le dimanche, comme le racontait Julie sur ce même blog), nous nous dirigeons donc vers une rivière, située à quelques dizaines de kilomètres de Chisinau. Il est onze heure quand la cérémonie se termine mais nous ne partiront pas avant… 15h ! En Moldavie, le temps ne défile pas comme en France et les habitants de Chisinau ont l’air de prendre plaisir à s’attendre les uns les autres pendant des heures sans aucune raison apparente.

Quoi qu’il en soit, nous finissons par embarquer dans un minibus, serrés comme des sardines. Après une trentaine de minutes de route, nous descendons au beau milieu de nulle part et attendons, à nouveau. Après plusieurs minutes sans comprendre vraiment ce que nous attendons, nous comprenons qu’une voiture doit venir nous chercher ici pour nous amener à la rivière. Le problème, c’est que nous sommes dix. Mais cela n’a l’air d’inquiéter personne.



Après une bonne heure d’attente, la dite voiture arrive enfin : c’est un Renault Kangoo. Cinq personnes montent, jusqu’ici tout va bien. Puis deux personnes les rejoignent à l’arrière et enfin, trois autres Moldaves et moi montons dans le coffre : c’est parti pour 20 minutes à fond les ballons sur des routes en terre défoncées, accroupis sur les genoux : dix secondes de plus et je perdais mes chevilles !



Notre arrivée au lac a alors sonné comme une délivrance. Nous avons attendus ce moment toute la journée. L’eau est bonne. En sortant, nos amis de l’église ont préparé à manger. Avant d’entamer le festin, ils bénissent le repas. Nous passons ici une après-midi que je qualifierai d’exceptionnelle, à partager tant de choses avec les Moldaves, à les écouter parler Roumain et à accepter avec beaucoup de reconnaissance tout ce qu’ils offrent aux étrangers inconnus que nous sommes.



Mais après quelques heures, les moustiques apparaissent. Et ceux-là sont tellement gros qu’ils semblent tout droit venus de Tchernobyl. Nos amis décident de passer la nuit ici : la tentation de rester est grande, mais les moustiques ont finalement raison de ma motivation.

Même si je sors défiguré de cette après-midi, cela aura valu le coup. Merci à Natacha, Mariana, Kate et tous les autres de nous avoir accueillis parmi eux. Merci à Alf de nous les avoir présenté.

messe orthodoxe

Réveillés à 6h45 nous partons avec Alf à l'église du quartier de Botanica pour assister à la messe. Un moment très impressionant tant la foi des moldaves orthodoxes est grande. Des centaines de personnes affluent dans la petite église, ils chantent , prient, s'agenouillent, pleurent, font brûler des cierges. Il y a autant de gens dehors que dedans. Un petit apperçu depuis l'extérieur de l'église :






Les enfants jouent, sur une longue table des femmes préparent un repas, les prêtres et les diacres passent dans la foule. Des vieilles femmes se précipitent pour embrasser leur croix...Le service dure plusieurs heures puis les gens restent autour de l'église à discuter, à parler aux prêtres...La chaleur est accablante et ces heures à rester debout nous ont épuisés (il n'y a aucune chaise dans l'église excepté pour les très vielles personnes).

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisque nous sommes sur le point de découvrir la « notion du temps moldave » qui est un élément essentiel à connaître pour passer du temps dans ce pays. C'est simple : ils prennent leur temps ! Nous sommes invités à passer la journée à la rivière avec des amis d'Alf qui se connaissent par l'église. Il nous faudra plusieurs heures pour y arriver. Et pas seulement parce que c'est loin (environ 40 minutes de route) mais parce qu'ils changent tout le temps d'avis, ils s'arrêtent on ne sait pourquoi. On cherche la caméra cachée!!

Alf s'amuse de notre étonnement « Welcome to Moldova », Russlan nous explique en riant que les minutes moldaves ne sont pas les mêmes qu'en Europe de l'Ouest...

vendredi 13 août 2010

Baignade moldave avec notre "mentor"




Journée à la rivière. Nata vient me chercher avec son boyfriend Anton et sa petite soeur Sacha. Natalia est notre "mentor", c'est une étudiante moldave de 22 ans qui parle très bien anglais (mieux que nous...). Elle est un peu comme notre "ange gardien", elle nous fait découvrir la vie moldave, nous fait visiter et nous aide si nous avons des problèmes.

Musique à fond dans la voiture, fenêtres grandes ouvertes nous partons vers le Nistru à environ 30 minutes de Chisinau. Les paysages sont très beaux, très verts. De la vigne à perte de vue. Nous traversons des petits villages, les animaux (oies, chevaux, moUtons, chèvres...) paissent tranquillement le long de la route. Un troupeau de vache se rafraichit dans un cours d'eau. Des femmes vendent les produits de leur jardin au bord de la route.

Nous arrivons au village de Vadul-lui-Voda. Arrêt chez des amis d'Anton et Nata pour prendre une couverture. Nous repartons et j'ai la surprise de passer par deux check point où des soldats aux mines patibulaires nous regardent passer, cigarette au coin de la bouche. Quelques chars pour la déco...Nata m'explique que nous sommes proches de la Transnistrie.

La transnistrie a fait secession depuis 1991, ils ont leur propre monnaie, leur président, ils ne parlent que le russe. Mais c'est une république autoproclamée qui n'est pas reconnue aux yeux de la communauté internationale, les membres de son gouvernement n'ont même pas l'autorisation de sortir de Moldavie.

A la rivière, des gamins et des jeunes hommes font les fous dans l'eau. Ils sautent des arbres, font des cascades, se courent après, tout ça dans un joyeux brouhaha. De très jeunes garçons fument cigarettes sur cigarettes. Nata m'explique que les familles dans les campagnes sont pauvres et les enfants commencent à boire et à fumer très jeunes. Nous passons des heures dans l'eau à nager et à jouer au « Juchika » (un jeu avec une pomme). Ça fait du bien de se rafraichir!



Sacha, la soeur de Nata, essaye de m'apprendre quelques mots de roumain mais elle le parle très mal. Dans la famille de Nata on parle russe, elle est la seule à avoir été à l'école roumaine. Anton part pêcher et revient bredouille. Leurs amis nous rejoignent, mes quelques mots de russe les font rire. Ils se lancent des défis dans la rivière, l'un d'eux saute du pont où stationnent les soldats.

De retour à Chisinau une soirée bien arrosée se profile. Chris, un volontaire « old generation » nous rejoint à l'appartement. On boit quelques vodkas. Il travaille dans une ONG qui s'occupe de faire respecter les droits de l'homme en Moldavie. On parle du pays, de la Transnistrie. Il nous propose de l'accompagner à la fête de « l'indépendance » de la Transnistrie le 2 septembre.
Nous partons bras dessus bras dessous faire la fête jusqu'à pas d'heure dans les bars et club du coin.

Chris, Lucas et Alf dans notre appartement

jeudi 12 août 2010

Dans la rue, à la rencontre des moldaves

Après avoir tenté de faire un peu de ménage dans notre nouveau chez nous(un aspirateur sans sac n'étant pas le plus pratique pour s'attaquer à la crasse ambiante...), je suis partie en vadrouille avec Alf, notre coloc' allemand, un volontaire "old generation" qui rentre chez lui à la fin du mois.



On a fait la tournée des adieux à toutes les personnes âgées qu'il a rencontré dans la rue. Des dizaines de femmes ou d'hommes qui tentent de gagner quelques lei en vendant des produits cultivés dans leurs jardins (fruits, légumes, noix ou même seulement quelques plantes aromatiques) ou en mendiant.

Vraiment de beaux moments car Alf les voyait pour la dernière fois et ils étaient tous très émus. On a bu du kvas, grignoté des graines offertes par une vieille femme puis on est parti vers une église où il avait l'habitude d'aller avec les enfants de son centre. Le lieu est vraiment reposant et je dirais même sans vouloir tomber dans le grandiloquent, qu'il y avait quelque chose de mystique dans l'air.

Direction le centre, le marché central et l'artère principale, le boulevard Stefan cel mare. On s'arrête parler et donner quelques lei à chaque personne âgée qui fait la manche.

Alf m'explique que les personnes âgées ici n'ont pas, ou très peu de retraite et sont contraintes de travailler, de mendier ou de vendre les produits de leur jardin.

Nous retrouvons Lucas à la cathédrale, il semble ravi par son premier jour même si presque tous ses collègues sont en vacances. Accablés par la chaleur, on entre dans un restaurant sur Stefan cel mare, et on profite de la clim en mangeant pour quelques lei.

mercredi 11 août 2010

Poscast n° 1 : Notre arrivée

Après plusieurs heures de voyages en avion, nous voilà enfin arrivés à Chisinau.